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M-ais pourquoi arrêter d'utiliser des bouteilles en plastique ?

29 avr. 2020
6 min de lecture

Depuis que je suis toute petite, j’ai toujours demandé pourquoi ceci, pourquoi cela… et cela n’a pas changé depuis que j’ai entamé ma transition vers un mode de vie plus durable.


Même si le pourquoi peut paraître évident par rapport aux bouteilles en plastique, il est encore plus facile de changer ses habitudes quand on le fait en pleine conscience. J’aime donc aborder les problématiques industrielles en regardant l’intégralité de la chaîne d’approvisionnement et c'est ce que j'ai voulu faire dans cet article sur l'eau en bouteille.


Si vous avez la flemme de lire toute l’analyse détaillée du cycle de vie, je vous comprends tout à fait et je vous propose un petit résumé ici :

Malgré l’augmentation de la conscientisation environnementale et un accès à de l’eau potable dans un nombre de foyer important, la consommation mondiale d’eau minérale en bouteille n’a cessé d’augmenter depuis 1999. Cette consommation coûte cher aux consommateurs et à notre planète.

Chaque étape de la chaîne d'approvisionnement (accès à l'eau, fabrication, livraison, stockage, achat, consommation et fin de vie) pose des problèmes éthiques, environnementaux et sanitaires qui vont bien au-delà de la face visible de l’Iceberg : les déchets plastiques dans les océans.

Il est donc primordial d’agir au quotidien (sans culpabiliser) pour réduire la consommation de bouteilles en plastique et de mettre en place des alternatives durables dont je vous parle dans mon article sur l’hydratation écoresponsable.


Voici donc mon analyse du cycle de vie d’une bouteille d’eau en plastique :


1. Approvisionnement en eau


On a souvent l’impression que l’eau est une ressource inépuisable mais malheureusement, ce n’est pas le cas, et c’est d’autant plus vrai quand on parle d’eau potable.

Bien que 70% de la surface de la planète soit couverte d’eau, il n’y a que 3% d’eau douce dont ¾ qui sont des glaces polaires et près d’¼ d’eaux souterraines. Même s’il est possible de traiter l’eau salée pour la rendre potable, c’est un processus très lourd et il n’y a donc que 0,01% de l’eau sur terre qui est directement utilisable.

La disponibilité de cette eau est confrontée à trois principaux problèmes dans le monde : la pollution, le gaspillage et sa raréfaction face à une demande croissante. Cette croissance est liée aux changements climatiques ainsi qu’à ses différents usages : 70% pour l’agriculture (dont 55% liés à l'industrie animalière - je vous prépare un petit article sur l'impact de nos habitudes alimentaires) , 20% pour l’industrie et 10% pour les besoins domestiques.

Tous ces éléments font craindre aux experts que 2/3 de la population mondiale pourrait faire face à une pénurie d’eau potable d’ici à 2030. On pourrait donc arriver à un stade où l’achat d’eau en bouteille traitée sera la seule solution pour consommer de l’eau potable.


Ce problème pourrait être évité si on était plus attentif à notre consommation d’eau et si on investissait plus dans la mise à disposition d’eau potable que dans la production d’eau en bouteille dans les régions défavorisées.


2. Fabrication


Au-delà du problème éthique, les producteurs d’eau en bouteille contribuent également à la surutilisation de l’eau potable lors du processus de fabrication du plastique. En effet, en plus de l’eau potable mise en bouteille, 2 L d’eau seront utilisés pour fabriquer une seule bouteille en plastique. Quand on pense qu’on consomme environ 89 milliards de litres d’eau par an en bouteilles en plastique, cela donne des chiffres vertigineux en termes de consommation d’eau mais aussi de pétrole (environ 100 mL par bouteille).

En effet, une bouteille en plastique est fabriquée en PET (polytéréphtalate d’éthylène) qui est un plastique pétrosourcé. Les 16 millions de tonnes de PET utilisées annuellement dans la fabrication de bouteilles représentent environ 1% de la production de pétrole et 0,25% de celle de gaz.



En arrêtant d’utiliser des bouteilles en plastiques, on économiserait les ressources non renouvelables équivalente au pétrole nécessaire à faire rouler 3 millions de voitures pendant un an.

J’ai lu qu’ils étaient en train de développer les plastiques biosourcés (à base de cannes à sucre, d’amidon ou de sucre de betterave) ou biodégradables mais cela reste assez dérisoire face à l’utilisation du pétrole. Et puis:

La meilleure façon d’utiliser une ressource est de ne pas l’utiliser.

Néanmoins, si on regarde l’intégralité de la consommation en ressources carbones liées à la fabrication d’une bouteille d’eau, la fabrication de la matière plastique représente seulement 30%. Dans le processus de fabrication, il faut également compter 8% pour le moulage, 33% pour le nettoyage, remplissage, stockage et packaging et 29% pour le transport des matières premières.


3. Livraison et stockage

En plus du transport des matières premières, l'eau embouteillée va parcourir des centaines, voire des milliers de kilomètres pour être acheminées jusqu'aux grandes surfaces ce qui a un coût énergétique très élevé et contribue à l'engorgement des routes.


D’un point de vue sanitaire, une fois que le magasin réceptionne les bouteilles, il n’est pas non plus possible de s’assurer que les normes de stockage sont respectées. Une exposition prolongée au soleil ou à de fortes chaleurs libère du BPA qui peut avoir des impacts néfastes sur la santé. Je vous en dis plus dans la partie sur la consommation.


5. Achat


Selon moi, il y a 2 aspects à prendre en compte au niveau de l’achat des bouteilles d’eau :

  • L’eau coûte environ 100 fois plus cher que la même quantité d’eau du robinet.

  • Cela peut sembler dérisoire mais le fait de porter des bouteilles du magasin dans le caddie, du caddie à la voiture, de la voiture à la maison est une véritable corvée qui peut même avoir des impacts sur notre bien-être (Il y a même une pub à la télé là-dessus assez comique).


6. Consommation des bouteilles


Il fut un temps où l’eau en bouteille était peut-être plus saine que l’eau du robinet mais il semblerait que ce ne soit plus le cas aujourd’hui. En effet, si on met de côté l’eau de source, beaucoup d’eaux en bouteille sont simplement des eaux du robinet traitées et mises en bouteilles que vous payerez simplement 100 fois plus cher.


Par ailleurs, il est important de mentionner que les normes de pureté appliquées à l’eau du robinet sont en fait beaucoup plus strictes que celles appliquées à l’eau en bouteille.

Beaucoup de gens (et moi la première) pensions qu’une bonne alternative pour réduire le nombre de bouteilles en plastique était de réutiliser une bouteille d’eau plusieurs fois mais il semblerait que ce soit une erreur.


Le PET est en fait un plastique à usage unique qu’il n’est pas évident de désinfecter ce qui peut faciliter le développement de bactéries et de germes (d'où l'odeur un peu cracra quand on garde une bouteille trop longtemps) et comme ce plastique n’est pas une substance inerte, il diffuse des produits chimiques (dont le BPA mentionné au-dessus). Ces produits sont néfastes pour notre santé car ils peuvent provoquer des déséquilibres hormonaux (et ça, c’est un truc pas cool …)


7. fin de vie des bouteilles

Le PET est un matériau recyclable qui peut être réinjecter dans la fabrication de nouveaux contenants (seulement 10% car il perd ses propriétés) et de vêtements, stylos… Néanmoins, si on se base sur les principes de l’économie circulaire (je vous ferai un petit sujet là-dessus bientôt), le recyclage de déchets reste une solution moins écologique qu’une solution incluant un produit réutilisable (tel qu'une gourde, une carafe...):

Le meilleur déchet est celui qui n’existe pas.

Il est aussi important de prendre en compte que seulement 25% des bouteilles en plastique dans le monde sont recyclées. Le reste se retrouve dans le sol ou dans les océans alors qu’il lui faut plus de 400 ans pour se décomposer. On comprend mieux pourquoi on entend souvent dire que si les choses ne changent pas, il y aura plus de plastique que de poissons dans l’océan d’ici 2050 et qu’un 7ème continent est en train de se créer dans le nord-est de l’océan Pacifique.

Les 13 millions de tonnes de bouteilles en plastiques déversées annuellement dans les océans sont une véritable catastrophe environnementale. Ils ont un impact :

  • sur l’écosystème de nombreux animaux marins avec les déchets plastiques qui sont ingurgités par les oiseaux, les poissons et les mammifères marins

  • sur les belles plages paradisiaques avec les déchets plastiques qui gâchent vos photos de vacances ( et ben oui, les vacances, c’est important aussi et je vous prépare même un petit sujet sur les vacances éco-responsables)

Et comme le disait si bien Anaxagore de Clazomènes dans phrase connue et reprise par Lavoisier:

'Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme'

Car non, le plastique ne disparaît pas mais qu’il se décompose en microplastique qui sont de minuscules particules qui polluent encore plus les océans et qui interfèrent dans la chaîne alimentaire des espèces marines, surtout celles qui filtrent l’eau comme les mollusques, le plancton et les invertébrés.


(8. la culpabilité du consommateur)

Je ne sais pas vous mais j’ai du mal à dormir après avoir lu et écrit tout ça et je ne peux pas m’empêcher de me sentir coupable en regardant la bouteille entamée qui reste encore près de mon lit. En cette période où on se pose beaucoup de questions sur notre impact écologique, cela me fait prendre conscience à quel point il est difficile de se détacher du dictate marketing des producteurs d'eau.

Mais il faut accepter que changer ses habitudes prend du temps. Je sais que ce n'est pas facile, qu'il m'arrivera encore d’oublier ma gourde pour aller au sport, d’être invitée chez des gens qui me servent de l’eau en bouteille ou de voyager sans avoir accès à une source d’eau potable pour remplir ma gourde.

Mais ce n'est pas grave et cela ne sert à rien de se rendre coupable car si je me décourage, je perds de l'énergie pour faire attention tout le reste du temps. Il est donc préférable de rester positif et de voir chaque petit pas vers une hydratation plus éco-responsable comme une victoire, quitte à ce que ce soit une victoire à seulement 90% 😊


A très vite,

Hannah

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